Indonésie

Plongée à Manokwari :
épaves de guerre en Papouasie

Plongée à Manokwari en Papouasie occidentale avec épaves japonaises de la Seconde Guerre mondiale, Pillbox Wreck, Cross Wreck et Shinwa Maru

Manokwari occupe la pointe nord-est de la péninsule de la Tête d'Oiseau, en Papouasie occidentale, au fond de la baie de Doreri. Cette capitale de province, compacte et paisible, s'étire entre des collines boisées et les monts Arfak. Pourtant, la plongée à Manokwari reste presque inconnue des francophones, qui regardent d'abord vers Raja Ampat, plus à l'ouest. La destination séduit donc surtout les plongeurs curieux, prêts à sortir des sentiers battus.

Sites de plongée autour de Manokwari

Pendant la guerre du Pacifique, les Japonais ont fait de la baie un mouillage sûr. Les bombardements alliés y ont ensuite coulé de nombreux navires. Plus de vingt épaves ont été repérées depuis, mais seule une demi-douzaine se visite aujourd'hui. Les trois sites suivants, classés du plus accessible au plus exigeant, forment donc une progression logique pour toute plongée à Manokwari. Par ailleurs, la baie propose aussi des plongées de nuit, de la dérive et même une grotte près de l'île de Pulau Kaki. Côté faune, le requin marcheur, le requin-tapis wobbegong et les tortues vertes comptent parmi les rencontres possibles.

Pillbox Wreck - Niveau : débutant

Le Pillbox Wreck repose au large de l'île de Mansinam, à dix ou quinze minutes de bateau rapide depuis la ville. Ce cargo japonais transportait des munitions et mesure entre 60 et 65 m. Couché sur son flanc tribord, il se trouve entre 9 et 18 m de profondeur. Cette faible profondeur laisse donc beaucoup de temps pour explorer une coque bien conservée. De plus, coraux mous, éponges et petits poissons colonisent la structure. Les plongeurs peu expérimentés y trouvent un cadre rassurant pour se familiariser avec les conditions de la baie. Ce site convient ainsi parfaitement à une première plongée à Manokwari.

Cross Wreck - Niveau : intermédiaire

Le Cross Wreck doit son nom à la grande croix en béton dressée sur le rivage de Mansinam, là où des missionnaires allemands ont débarqué en 1855. Ce patrouilleur japonais de 35 à 40 m repose droit sur le sable, entre 15 et 20 m de fond. Deux rangées de grenades sous-marines restent visibles à la poupe. En outre, des plongeurs bien certifiés peuvent s'approcher de la salle des machines. Après le coucher du soleil, l'épave attire poissons-lions, murènes et gros napoléons. Les amateurs de macro, eux, y cherchent nudibranches et crevettes. Le niveau intermédiaire s'explique par la profondeur et par ces passages plus confinés.

Shinwa Maru - Niveau : confirmé

Le Shinwa Maru reste la plongée emblématique de Manokwari. Ce cargo japonais de plus de 100 m a reçu des bombes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Il repose aujourd'hui sur le flanc, entre 16 et 35 m de profondeur, avec une superstructure restée intacte. Casques de plongée, batteries, vaisselle et munitions jonchent encore le pont, et il faut les laisser en place. Des bancs de carangues tournent autour de la coque, tandis que la visibilité avoisine souvent 15 m. Cependant, la profondeur maximale exige un excellent contrôle de la flottabilité et une gestion rigoureuse du temps de fond. Un brevet Advanced et une vraie expérience des plongées profondes s'imposent donc. En revanche, les plongeurs prudents peuvent rester sur le haut de l'épave et profiter déjà d'un beau spectacle.

Comment rejoindre Manokwari pour plonger

Aucun vol direct ne relie la France à Manokwari. Cela complique un peu l'organisation d'une plongée à Manokwari. Les voyageurs rejoignent d'abord Jakarta, à l'aéroport international Soekarno-Hatta, ou Makassar, à l'aéroport Sultan Hasanuddin, avec au moins une escale depuis l'Europe. Ensuite, un vol intérieur de Batik Air ou de Super Air Jet les dépose à l'aéroport de Rendani (MKW), à quelques kilomètres du centre. Cet aéroport reste le seul à desservir la ville et ses sites de plongée. Super Air Jet relie par ailleurs Sorong à Manokwari en vol direct chaque jour. Cela permet de combiner la destination avec un séjour à Raja Ampat. Il vaut mieux prévoir une marge sur les horaires, car les liaisons restent peu nombreuses et sensibles à la météo.

Côté formalités, les voyageurs français doivent obtenir un visa à l'arrivée, qui se demande en ligne avant le départ sous la forme de l'e-VOA. Son tarif officiel atteint 500 000 roupies pour 30 jours, avec une prolongation possible une fois. Une hausse a été annoncée, mais aucune date d'application n'a été communiquée, donc ce montant peut évoluer. De plus, le passeport doit rester valable six mois, et un billet de retour est demandé. Enfin, la carte d'arrivée numérique All Indonesia, gratuite, se remplit au plus tôt trois jours avant l'arrivée. Une assurance couvrant la plongée complète utilement le dossier.

Meilleure période pour plonger à Manokwari

La meilleure saison s'étend de juillet à octobre. La ville ne connaît pas de vraie saison sèche, car la pluie peut tomber toute l'année. Ces mois comptent pourtant parmi les moins arrosés, et octobre reste le plus sec. Pendant cette période, l'eau reste douce, entre 27 et 30 °C, et la visibilité sur les épaves tourne généralement autour de 12 à 15 m. Les croisières de plongée dans la baie de Cenderawasih fréquentent aussi la région de juin à octobre, ce qui confirme cette fenêtre. En revanche, la fin et le début de l'année apportent davantage de pluie. Cette variation ne ferme pas la baie, mais elle réduit le confort en surface. Une escale de quelques jours pour la plongée à Manokwari peut ainsi s'intégrer facilement à un voyage plus long en Papouasie. Les plongeurs qui visent une plongée à Manokwari réussie réservent donc leurs sorties plusieurs semaines à l'avance, surtout en pleine saison.

Ambiance de Manokwari, club de plongée et hébergement

Manokwari garde un rythme paisible. Le matin, les marchés de Sanggeng et de Wosi s'animent. Puis les habitants gagnent la plage de Pasir Putih, à environ 5 km au sud-est du centre, surtout le week-end. Sur la colline, un monument japonais rappelle l'occupation de la guerre. Sur Mansinam, l'église et la statue du Christ évoquent l'arrivée des missionnaires. À table, le poisson grillé, l'ikan bakar, fait figure de spécialité locale. La ville accueille peu de touristes étrangers, ce qui donne au séjour un parfum d'exploration. Pour une première plongée à Manokwari, cette tranquillité représente un vrai atout, car les épaves restent peu fréquentées.

Pour la plongée à Manokwari, le Ketapang Dive Center sert de base aux sorties dans la baie. Installé à Kwawi, près du port de Ketapang d'où partent les bateaux pour Mansinam, ce club local a été fondé par Alexander Sitanala. Il reçoit des plongeurs étrangers, dont des Français, et participe aussi à la restauration des coraux. Les briefings se déroulent probablement en anglais, donc il vaut mieux le confirmer par message sur Instagram avant de réserver. Un contact préalable permet aussi de vérifier les disponibilités.

Côté hébergement, l'Aston Niu Manokwari propose un quatre étoiles confortable sur les hauteurs de Sogun Hill. L'hôtel compte 76 chambres climatisées, une piscine extérieure, un bassin pour enfants et un jardin. Une navette dessert l'aéroport de Rendani, situé à environ 4,7 km. En revanche, le club se trouve à plusieurs kilomètres, près du port, donc un trajet en voiture reste nécessaire avant chaque sortie.

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