Tout au nord-est de Tobago, le village de pêcheurs de Charlotteville s'étire le long de Man O'War Bay. Une longue jetée, des barques au mouillage et des collines couvertes de forêt composent le décor. Moins de mille habitants y vivent, et la plongée à Charlotteville reste très peu connue du public francophone. L'éloignement et l'absence de vol direct depuis la France expliquent en partie cette discrétion. Pourtant, ce bout d'île cache une histoire singulière. À la fin du XIXe siècle, des familles de la Grenade et de Saint-Vincent y ont apporté un patois français. Cette couleur culturelle inattendue intrigue autant que les récifs. Elle donne aussi tout son sel à la plongée à Tobago version nord-est.
Sites de plongée autour de Charlotteville
Trois sites s'échelonnent du plus doux au plus exigeant. Chacun reçoit ici sa fourchette de profondeur. Charlotteville se situe côté caribéen, moins exposé aux courants de Tobago que la côte atlantique. Toutes les sorties partent en bateau depuis la baie. Pour varier, Speyside et ses plongées en dérive se trouvent à quinze minutes de route. Cette diversité permet de composer un séjour complet autour de la plongée à Charlotteville.
Cardinal Rocks - Niveau : débutant
Dans la baie, Cardinal Rocks s'explore entre 6 et 23 mètres. Ce site convient aux premières sorties encadrées. Le récif plonge en pente raide vers un fond de sable. Pastenagues, langoustes, poissons-mâchoires à tête jaune et petites anguilles-serpents y vivent. Par ailleurs, ce site sert de zone de frai à de nombreuses espèces. Des millions d'alevins troublent parfois l'eau d'un voile laiteux. Murènes, grammas royaux, apogons, poissons-anges royaux, français et gris, ainsi que tortues imbriquées complètent le tableau. Cette première plongée à Charlotteville donne donc un aperçu complet de la vie du récif.
Booby Island - Niveau : intermédiaire
À proximité du centre de plongée, Booby Island descend de 16 à 30 mètres. Cette profondeur dépasse la limite de 18 mètres d'un brevet Open Water, d'où son niveau intermédiaire. L'eau y reste calme et claire. Le récif se compose de gros blocs couverts de corail de feu, d'éventails de mer et de gorgones encroûtantes. Les poissons y abondent. Ensuite, il glisse en pente douce vers un fond de sable plat autour de 23 mètres. En revanche, le point fort tient au hamlet doré, un poisson rare. Seuls quelques secteurs de Tobago l'abritent, dont cette baie.
London Bridge - Niveau : confirmé
Site le plus célèbre du village, London Bridge descend de 12 à 30 mètres. Il réserve cette sortie aux plongeurs confirmés. Une arche naturelle émerge de l'eau, et le passage en dessous se franchit selon le courant. Après une entrée vers 15 mètres, un canyon étroit aux parois verticales s'ouvre sur un chaos de blocs. Coraux noirs et gorgones tapissent les parois du rocher. Surplombs et crevasses abritent tarpons, langoustes, tortues et poissons porcs-épics. Murènes et bancs de carangues complètent la scène. Cependant, la houle et le courant imposent de choisir le bon jour. Ce site proche des îles St Giles s'expose en pleine mer. Cette arche reste l'emblème de la plongée à Charlotteville.
Comment rejoindre Charlotteville pour plonger
Aucun vol direct ne relie la France à Tobago, si bien qu'une escale reste indispensable. L'aéroport international A.N.R. Robinson dessert l'île depuis Crown Point, sur sa pointe sud-ouest. Il accueille les vols de British Airways depuis Londres-Gatwick et, selon la saison, ceux de Condor depuis Francfort. Autre solution : atterrir à l'aéroport international de Piarco, près de Port of Spain. Un vol intérieur de Caribbean Airlines d'environ vingt-cinq minutes rejoint alors Tobago. Ensuite, la Windward Road relie Scarborough à Charlotteville sur une quarantaine de kilomètres. Il faut compter environ une heure et demie de route. Des maxi-taxis partagés desservent aussi cet axe, mais une voiture de location ou un taxi offrent plus de souplesse. Pour rejoindre la plongée à Charlotteville sans stress, mieux vaut donc prévoir une large marge avant la première sortie.
Côté formalités, les Français entrent sans visa pour un séjour touristique de 90 jours maximum. Le passeport doit rester valide jusqu'à la sortie du territoire. Les règles pouvant changer, une vérification auprès des autorités officielles juste avant le départ reste conseillée. La monnaie locale reste le dollar de Trinité-et-Tobago, mais le dollar américain circule largement. Pour la plongée, le club ERIC exige un acompte non remboursable de 25 % quatorze jours avant l'arrivée. Le solde se règle ensuite à l'inscription. Il accepte les espèces, les virements et les chèques certifiés. Ses tarifs s'affichent en dollars américains.
Meilleure période pour plonger à Charlotteville
On plonge toute l'année autour de Tobago, île située hors de la principale ceinture des cyclones. Cependant, la meilleure période pour la plongée à Charlotteville court de janvier à mai. La saison y reste la plus sèche et la plus fraîche. Pendant ces mois, l'eau reste comprise entre 25 et 28 °C, comme le reste de l'année. À l'inverse, de juillet à décembre, les apports de l'Orénoque, fleuve du Venezuela, chargent l'eau en nutriments et en sédiments. Selon la période, la visibilité atteint 15 à 30 mètres en eau turquoise. Elle peut tomber vers 10 mètres quand l'eau se trouble. Par ailleurs, la mer décide aussi du programme. Certains sites exposés, dont London Bridge, deviennent impraticables par mauvais temps.
Ambiance, club et hébergement pour plonger à Charlotteville
Le rythme du village suit celui de la pêche, et le poisson frais domine les tables. Charlotteville abrite aussi l'un des derniers groupes de tamboo bamboo. Cette tradition musicale remonte à l'époque de l'esclavage. Entre deux sorties, la plage de Pirate's Bay se rejoint à pied depuis le village. Elle offre un excellent snorkeling, mais aucun équipement. Eau et nourriture se prévoient donc avant le départ. Par ailleurs, la forêt voisine attire les ornithologues. Plus de 160 espèces d'oiseaux s'observent sur la côte nord de Tobago.
Pour encadrer la plongée à Charlotteville, l'ERIC Dive Centre occupe les Man-O-War Bay Cottages, en bord de baie. Ce centre PADI dépend d'un institut de recherche à but non lucratif, créé en 2011. Il reverse tous ses bénéfices à la protection du milieu. Les plongées s'effectuent avec un biologiste marin. Une spécialité PADI de suivi des tortues marines enrichit désormais l'offre. Les briefings se font en anglais, sans option française. Une plongée simple coûte 75 dollars américains, bouteille, lestage et bateau compris. Comme l'équipe de plongée reste réduite, une prise de contact préalable s'impose pour confirmer les dates.
Côté hébergement, les Man-O-War Bay Cottages s'alignent en bord de plage. Ils se nichent dans un jardin tropical de fleurs et d'arbres fruitiers, à cinq minutes à pied du village. Les cottages de deux chambres comptent quatre lits simples. Les grandes fenêtres, entièrement équipées de moustiquaires, laissent passer la brise marine. La cuisine dispose d'une cuisinière à gaz, d'un four et d'un réfrigérateur, et la salle de bain offre une douche chaude. Un cuisinier local peut préparer les repas sur demande. Le domaine occupe une ancienne plantation de cacao d'environ 400 hectares. Le centre de plongée se trouve sur place. Après la plongée à Charlotteville, ce cadre calme permet de souffler.
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